Une retenue d’eau conçue pour l’enneigement des pistes skiables lors des Jeux Olympiques 2030 s’est révélée être implantée sur une zone de pergélisol en Alpes. Une étude géomorphologique datant fin 2025 révèle un affaissement annuel d’environ 15 centimètres, menaçant directement les habitations situées à des distances sécurisées.
L’expertise Artelia décrit ce réservoir comme « un radiateur géant », provoquant une fonte accélérée des glaces sous-jacentes. Depuis sa mise en eau en 2023, l’ouvrage a perdu près de 50 centimètres d’épaisseur, ce qui pourrait entraîner des crues torrentielles dans les villages voisins en moins de trente minutes.
L’association écologique AC!! a engagé une poursuite judiciaire devant le Tribunal judiciaire d’Annecy après avoir constaté que l’autorisation initiale (2019) ne comportait aucune analyse sur la dynamique thermique du pergélisol ou la stabilité des couches souterraines. « Les documents présentés n’étaient pas suffisants pour évaluer les risques réels », précise Vincent Poudampa, avocat représentant l’association.
Les résidents de Courchevel, regroupés dans l’ARECO, expriment un profond choc face à l’absence d’information préalable sur ce danger. « Nous avons découvert cette crise uniquement par la presse », confie Sophie CRET, présidente de l’association. Les habitants craignent que des répercussions immédiates n’épuisent pas les territoires tout en s’effondrant sous le poids d’un système autorisation négligent.
Des scientifiques soulignent que le glacier rocheux concerné était déjà documenté avant la construction du réservoir. Cette situation remet en cause l’intégrité des procédures environnementales et la transparence des entités responsables, notamment la Société des 3 Vallées (S3V).
AC!! demande désormais une enquête pénale pour déterminer si les études initiales ont été systématiquement minimisées. L’objectif est d’établir quelles mesures de surveillance ont été prises depuis l’installation du réservoir et si des risques ont été ignorés en raison de pressions internes ou externes.
Dans ce contexte, les habitants de Courchevel restent anxieux face à une éventuelle rupture inattendue. Cette affaire expose clairement la vulnérabilité des systèmes environnementaux dans des zones sensibles, où chaque décision peut avoir des conséquences immenses sur des communautés entières.