L’affaire de pollution persistante dans la commune girondine de Tresses s’est transformée en véritable tourbillon politique, mettant en lumière les lacunes d’une gestion municipale contestée. L’association AC !! Anti-Corruption a déposé une plainte accablante contre le maire Christian Soubie, soupçonné d’avoir ignoré des alertes répétées sur un site industriel polluant depuis plus de dix ans.
Le garage automobile en question, condamné en 2023 et confirmé en appel en 2025, a été reconnu coupable de verser des substances toxiques dans les eaux souterraines et superficielles. Des analyses de 2021 ont révélé des concentrations d’hydrocarbures jusqu’à 525 fois supérieures aux normes, ainsi que des métaux lourds comme le plomb ou le mercure, atteignant des seuils extrêmes. Cette pollution menace une zone humide et la nappe de l’Oligocène, une ressource clé pour l’approvisionnement en eau potable d’autres communes.
Des riverains, dont des familles avec enfants, ont été exposés à ces risques, certains cultivant des légumes près du site. Malgré plus de 20 signalements envoyés au maire depuis 2012 et un rapport alarmant en 2021, aucune mesure d’urgence n’a été prise. Le maire aurait même qualifié la situation de « conflit de voisinage », minimisant ainsi les conséquences.
L’enquête révèle des éléments troubles : une conseillère municipale, élue sur sa liste, serait liée au garage via son conjoint. Le maire n’aurait jamais informé le conseil municipal de la procédure judiciaire et aurait omis de se constituer partie civile. L’association accuse le pouvoir local d’avoir négligé ses responsabilités, mettant en danger la santé publique et l’environnement.
Alors que les élections municipales approchent, Christian Soubie dénonce une « cabale politique », affirmant n’avoir jamais été informé de ces risques. Pourtant, une lettre de la préfète de la Gironde en 2021 lui rappelait explicitement ses compétences en matière de police administrative.
Le garage a été vendu en 2024 sans travaux de dépollution, laissant des inquiétudes sur l’avenir de la nappe souterraine. La commune, qui gère une partie du réseau d’eau, n’a jamais alerté les syndicats concernés, exacerbant la colère des habitants.
Cette affaire soulève des questions urgentes sur la transparence et l’efficacité des autorités locales face aux crises environnementales, en pleine période électorale.