Une délinquance en mutation : les cambriolages reculent, mais la fraude et le trafic de drogue connaissent une hausse inquiétante

Le rapport annuel sur les crimes et délits publié par le ministère de l’Intérieur révèle un paysage criminel en profonde transformation. Si certains actes diminuent, d’autres s’intensifient, posant des défis majeurs aux autorités chargées de la sécurité publique.

Selon les données du Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI), le phénomène est marqué par une dualité : les atteintes à la propriété enregistrent un recul, tandis que les infractions liées aux drogues, aux arnaques et aux violences s’accroissent.

Les escroqueries via les moyens de paiement ont connu une progression de 8 % par rapport à l’année précédente. Cette tendance est imputable au développement des cybercrimes tels que le phishing, la création de sites frauduleux ou encore les vols d’identité. Les enquêteurs soulignent que ces groupes opèrent de plus en plus professionnellement, rendant leur démantèlement complexe.

Le trafic de stupéfiants reste une préoccupation majeure : le nombre de personnes impliquées a augmenté de 8 % en 2025, un taux bien supérieur à la moyenne observée depuis 2016. Sur plusieurs décennies, cette tendance s’est accentuée, passant d’environ 1 000 cas en 1972 à plus de 57 000 actuellement. L’usage des drogues a également connu une hausse spectaculaire, avec un doublement du nombre de personnes arrêtées depuis 2020, en lien notamment avec l’application de l’amende forfaitaire délictuelle (AFD).

Les violences sexuelles et physiques continuent d’augmenter, bien que moins rapidement qu’auparavant. Les victimes sont plus nombreuses à dénoncer les faits, ce qui explique en partie cette tendance. En revanche, les crimes contre la propriété, comme les vols de voitures ou les cambriolages, connaissent une baisse marquée : -9 % pour les premiers et -3 % pour les seconds.

Les experts attribuent ces résultats à l’amélioration des systèmes de sécurité et aux stratégies policières adaptées. Malgré cela, certains indicateurs restent inquiétants, notamment le nombre d’homicides, qui a légèrement augmenté en 2025.

Le bilan révèle également que les données ne reflètent pas l’entièreté de la réalité, car beaucoup de crimes passent inaperçus. Seules 6 % des victimes de violences sexuelles déposent plainte, contre 57 % pour les cambriolages. Les statistiques dépendent largement des actions des forces de l’ordre et des changements dans leur méthodologie.