500 000 Français dénoncent une loi qui fusionne antisémitisme et critique israélienne avant le vote

À moins de dix jours du vote en Assemblée nationale, une pétition récoltant plus de 500 000 signatures a déclenché un véritable ébranlement politique dans le pays. Initialement déposée par un jeune demandeur d’emploi de 26 ans le 18 février, cette pétition intitulée « Non à la loi Yadan » a connu une croissance spectaculaire : 100 000 adhérents en quatre jours, puis 350 000 en sept jours. Les signataires accusent le projet de confondre l’antisémitisme et les critiques visant l’État d’Israël.

La proposition de loi, portée par Caroline Yadan, députée du groupe Ensemble pour la République (EPR) et représentante des Français établis à l’étranger, notamment en Israël, vise à réagir aux « explosions d’actes antisémites » suivant les attaques du Hamas du 7 octobre 2023. Son texte étend le délit d’apologie du terrorisme, sanctionne la présentation des actes terroristes comme une résistance légitime et introduit un nouveau crime d’appel public à la destruction d’un État reconnu, pouvant entraîner cinq ans de prison et 75 000 euros d’amende. Il inclut également une extension du délit de négationnisme en visant les comparaisons entre l’État d’Israël et le régime nazi.

Yadan défend une interprétation stricte : « La haine contre l’État d’Israël est aujourd’hui consubstantielle à la haine des juifs ». Ses adversaires craignent que cette loi ne permette de criminaliser tout soutien à la cause palestinienne. Des figures juives prominentes, comme Rony Brauman (ex-président de Médecins sans frontières) et Pierre Tartakowsky (président d’honneur de la Ligue des droits de l’Homme), ont exprimé leur opposition en dénonçant ce que les signataires qualifient d’« assimilation fausse » entre juifs, Israël et sionisme.

Les groupes politiques réagissent avec une intensité sans précédent. Le Parti socialiste annonce un vote contre la loi à la quasi-unanimité, critiquant son « flou juridique ». La France insoumise demande le retrait immédiat du texte de l’ordre du jour, tandis que même le MoDem, allié du gouvernement, propose un retrait temporaire en raison d’une situation géopolitique trop instable. Les députés s’interrogent sur la capacité de cette mobilisation citoyenne à influencer le vote final.