La réunion générale des usagers thionvillois a connu une tension inédite ce samedi. À l’insu prévu, plusieurs responsables de TeMo ont été présents lors d’une assemblée où leur intervention n’était pas autorisée. Vincent Schweitzer, président d’Usag ThiFensch, s’est trouvé pris au dépourvu par l’apparition de Rémy Dick (président de TeMo), Olivier Postal (vice-président) et Philippe Gleser (directeur général), tous personnes dont l’invitation n’avait pas été confirmée.
Selon son président, l’assemblée devait être centrée sur les échanges directs avec les usagers. Malgré cette surprise, les discussions ont permis d’adapter l’ordre du jour et de maintenir un climat respectueux entre les représentants des deux organisations. TeMo a justifié son exclusion d’Usag ThiFensch du Comité des partenaires en invoquant un « double discours » par l’association, soulignant que cette contradiction avait motivé la décision. Rémy Dick a proposé la création d’un groupe d’usagers ouvert à tous, dans lequel les représentants de Usag ThiFensch pourraient participer.
Dick a rappelé que TeMo envoyait régulièrement des délégations aux assemblées d’Usag ThiFensch et a mis en évidence des convergences : une hausse de 27 % des réclamations usagers, ainsi que des problèmes de propreté et d’identité visuelle du réseau. En revanche, il a dénoncé des incohérences entre les propos publiques de l’association et ses publications sur les réseaux sociaux, ce qui a conduit à son écartement du Comité des partenaires.
Yan Rutili, ancien président et fondateur d’Usag ThiFensch, a fermement défendu la légitimité de l’association. Il a rappelé que le Comité des partenaires avait été créé après un recours devant le Tribunal Administratif. Il a également critiqué le terme « bruyant » utilisé par TeMo et les dépenses de communication jugées excessives.
Le rapport moral 2025 présenté par Vincent Schweitzer souligne une exigence constante : l’obtention de mesures concrètes. « L’association a poursuivi sa ligne d’exiger des améliorations réelles du réseau », a-t-il déclaré. Parmi les avancées reconnues : un gain de kilomètres parcourus, l’ouverture de la ligne 61, le déploiement des arrêts à Uckange et une bonne gestion du service TemoFlex dans la vallée de la Fensch. Le retour des fiches horaires dans les abribus a été obtenu, même si les affichages restent temporaires.
L’assemblée a également évoqué des situations récentes : un adolescent contraint d’attendre une demi-heure sous la pluie, des retards répétés sur certaines lignes, l’insécurité dans les abribus le soir, des cas de racket et la question des mineurs sans carte refoulés à la montée. Les pannes d’équipements (portes bloquées, girouettes hors service, climatisation défaillante) renforcent un sentiment d’usure et d’inquiétude.
Les intervenants sur les conditions de travail des conducteurs ont mis en lumière des journées épuisantes : jusqu’à cinq véhicules différents par journée, relèves inadaptées et un climat professionnel propice à l’absentéisme. Philippe Gleser a reconnu que le contrat de délégation de service public (DSP) confère peu d’autorité à TeMo et a annoncé un nouveau contrat plus strict, prévu début 2027.
Usag ThiFensch a formulé neuf demandes claires : des bus neufs, des mesures de sécurité renforcées (plus de contrôleurs, médiateurs), une collaboration avec la police, amélioration de l’information voyageur via un GPS temps réel, réparation urgente des dysfonctionnements techniques, extension de l’offre (tarifs, horaires et lignes soir) ainsi qu’un suivi critique du projet BHNS. L’association prévoit également une action en justice contre TeMo pour vérifier l’utilisation des fonds publics depuis 2012, sans autre objectif.
Malgré les tensions, les échanges ont été courtois et constructifs. Rémy Dick a insisté sur un engagement de collaboration et le rôle de partenaire, tandis que Vincent Schweitzer a relativisé la polémique en comparant la situation à « une tempête dans un verre d’eau ». Olivier Postal a conclu avec un portrait symbolique de Schweitzer, illustrant la complexité des rapports : rivalité et proximité s’entremêlent dans une dynamique fragile mais nécessaire.