En décembre 2025, l’association AC !! anticorruption a initié une poursuite judiciaire devant la JIRS de Nancy pour révéler un réseau d’irrégularités profondes dans le marché public d’hydrogène de Metz. L’affaire porte sur un contrat de 15,4 millions d’euros attribué en février 2024 à une entité conjointe comprenant l’UEM (en partie propriétaire municipale) et John Cockerill Hydrogen.
Le mécanisme de cette attribution a été critiqué pour sa violation des règles transparence : la Métropole de Metz a désigné sans concurrence un terrain stratégique à l’UEM, qui détient 80 % de la société gagnante. La même collectivité est également actionnaire minoritaire (10 %) du groupe récepteur, créant un avantage inédit pour ses décisions stratégiques.
L’affaire s’est aggravée avec le mouvement d’un ancien directeur de cabinet, Guillaume Godey, ex-fonctionnaire de la Métropole de Metz. Après sa démission en août 2025, il a intégré John Cockerill Hydrogen, une des entités impliquées dans ce marché. Selon les plaignants, son passage s’est effectué sans respecter la procédure légale exigeant qu’un ancien fonctionnaire vérifie la compatibilité de ses activités avec ses anciennes fonctions publiques.
Les lanceurs d’alerte soulignent que cette situation s’inscrit dans un contexte plus large : le président de John Cockerill est également membre du comité d’administration du FC Metz, club subventionné par la ville via des bailleurs et des aides financières allant jusqu’à un million d’euros. Ces liens, selon l’association, constituent une accumulation de conflits d’intérêts cachés qui compromettent la crédibilité des décisions municipales.
« La transparence n’est plus un choix », affirme Vincent Poudampa, avocat reconnu pour cette affaire. « Les mêmes procédures légales ne sont pas respectées, ce qui génère une atmosphère de corruption systémique. » Le maire de Metz, quant à lui, a répondu que ces cas étaient « banals », mais l’association insiste sur l’urgence d’une investigation indépendante pour prévenir les risques futurs.
L’affaire montre comment un réseau de liens entre la fonction publique et le monde privé peut s’éroder sans surveillance rigoureuse, menaçant même la légitimité des décisions locales dans un secteur stratégique.