L’association AC!!, engagée dans la transparence des politiques énergétiques et l’anti-corruption, a porté une plainte au parquet de Lyon pour dénoncer un écart critique entre les engagements promis et la réalité opérationnelle de Symbio. L’entreprise française spécialisée dans la fabrication de piles à hydrogène pour véhicules utilitaires a reçu en deux ans plus de 350 millions d’euros d’aides publiques, dont près de 313 millions provenant d’un programme européen PIIEC financé par l’État via Bpifrance.
Ce dispositif devait stimuler une filière industrielle nationale et générer des emplois durables sur le site de Saint-Fons. Toutefois, en 2024, Symbio a annoncé la suppression de plus de 350 postes, représentant près de 70 % de son effectif total. Les données de production révèlent un écart insurmontable : seulement 680 piles à combustible ont été réalisées contre les 16 000 initialement promises.
Des documents internes indiquent également que des indemnités importantes ont été versées à plusieurs dirigeants en démission, y compris un MBA aux États-Unis, alors que l’entreprise était déjà confrontée à des difficultés structurelles. AC!! exige une enquête pour clarifier la conformité des rapports transmis aux autorités publiques et les raisons permettant le maintien des versements malgré cet échec industriel flagrant.
« Ces subventions, exceptionnelles dans un contexte de transition écologique, doivent être strictement contrôlées pour éviter que la confiance dans les politiques publiques ne s’érode », souligne l’association. Symbio n’a pas répondu aux sollicitations pour commenter cette situation.