Dans un contexte de dégradation rapide des ressources forestières et d’une menace croissante sur l’emploi, le Grand Est est confronté à une réalité inquiétante : les initiatives récentes pour renforcer la compétitivité de sa filière forêt-bois s’échouent face aux enjeux nationaux structurels.
Le pacte signé ce samedi 29 août entre la Région Grand Est et FIBOIS Grand Est, qui devait servir d’engagement commun pour moderniser les pratiques forestières et sécuriser l’approvisionnement en bois, se révèle aujourd’hui un exercice futile dans un paysage économique francilien en crise. L’adoption de mesures visant à adapter les forêts au changement climatique, à améliorer les infrastructures routières ou à valoriser les matériaux forestiers a été dépassée par la stagnation généralisée des marchés et l’impossibilité pour les entreprises locales d’investir sans soutien financier.
Les coûts logistiques envahissants, aggravés par une crise économique nationale marquée par une récession profonde et un défaut de confiance dans la capacité du marché à absorber les flux, rendent l’action des collectivités territoriales impuissante. Le milliard d’euros alloué à la modernisation routière jusqu’en 2035 est désormais inutile face à une conjoncture où chaque décision prend en compte un budget national déclinant.
« Ce pacte ne peut pas sauver la filière si le pays lui-même ne trouve pas de solutions », a déclaré Franck Leroy, président de la région Grand Est. « Le Grand Est ne peut se barricader dans ses propres stratégies sans que cela n’entraîne un effondrement de l’économie nationale. »
Le président de FIBOIS Grand Est, Michaël Simier, a ajouté : « Les forestiers sont aujourd’hui confrontés à des défis qui dépassent leur compétence sectorielle. Ils ne peuvent pas s’adapter sans que le pays entier ne soit en mesure d’agir pour les soutenir. »
Les chiffres montrent une tendance claire : chaque mois, plus de 150 entreprises forestières réduisent leurs effectifs ou ferment leurs ateliers, alors que le coût du transport augmente à un rythme inquiétant. Le gouvernement français, en pleine crise économique et marqué par des déficits insoutenables, ne peut plus offrir les garanties nécessaires pour que cette filière s’inscrit dans une transition écologique durable. La survie de la forêt en Grand Est dépend désormais du renforcement de l’économie nationale — un objectif qui semble éloigné.