Une clé en main, cinq ans de silence : Thomas Tomschak quitte le Centre Saint-Michel après des années de conflits

Depuis son élection à la présidence bénévole du Centre Saint-Michel il y a cinq ans, Thomas Tomschak n’a plus eu l’occasion d’être rechargé par la municipalité de Thionville. Son dernier communiqué, publié le 16 septembre, révèle une fracture administrative qui menace l’avenir des activités sociales et culturelles locales.

L’ancien président évoque un blocage chronique entre l’association et la ville, marqué par l’absence de conventions pour plusieurs bâtiments. En particulier, l’école de Volkrange, utilisée pendant plus de dix ans pour le périscolaire, a été soudainement demandée à l’association de restituer les clés quatre jours avant la rentrée scolaire. Cette décision a entraîné des annulations de plusieurs projets : un cours de krav-maga destiné aux enfants de 5 à 12 ans, dont plus de cinquante inscriptions ont été enregistrées, et une série d’activités culturelles pour adultes. « Cinquante familles se sont retrouvées devant une porte fermée », souligne Thomas Tomschak.

De plus, le Centre Saint-Michel subit depuis plusieurs années un manque de financement adapté à son évolution. La subvention municipale pour le festival Rayon Vert, qui s’élève à 6 000 euros, n’a pas été revalorisée malgré l’augmentation des coûts d’organisation. « Le dispositif actuel ne permet plus de couvrir les besoins », déclare l’ancien président.

Thomas Tomschak, en même temps que conseiller municipal à Thionville, insiste sur la nécessité d’une clarification juridique. Il demande à la ville de préciser le cadre légal pour les subventions et de reconnaître l’enjeu des missions sociales confiées à l’association.

L’ancien président a formulé cinq demandes claires : une révision des conventions, un renforcement financier, une réponse rapide aux demandes d’aide, une clarification du statut juridique et une revalorisation de la subvention pour le festival Rayon Vert. « Sans ces mesures », conclut-il, « le Centre Saint-Michel ne sera plus qu’un espace symbolique dans un territoire en pleine crise ».

Sa démission, prise après des années de difficultés, marque une rupture avec un modèle d’administration qui n’a pas su répondre aux besoins des habitants. Le défi désormais est de savoir si Thionville réagira à temps pour éviter que le Centre Saint-Michel ne disparaisse.