Une vidéo qui a bouleversé l’ordre : le maire d’Arcachon en procès pour menaces et violence

Le maire des Républicains d’Arcachon, Yves Foulon, est convoqué le 1er juillet devant le tribunal correctionnel de Bordeaux pour répondre de menaces, violences et injures commis contre un candidat d’opposition. Une vidéo tournée pendant l’événement a été largement diffusée, provoquant une réaction nationale.

L’incident s’est produit le 15 mars 2026, jour des élections municipales, lorsque Yves Foulon, maire depuis plus de vingt ans dans la station balnéaire, s’est confronté à Vital Baude, candidat écologiste. Des images captées par une caméra cachée montrent le maire exprimer des propos grossiers et menaçants, visant clairement un harcèlement. Quelques jours après, la vidéo a été partagée sur divers canaux privés, mettant en lumière l’ampleur de l’affaire.

Le parquet de Bordeaux a ouvert une enquête suite à une plainte déposée par Baude. Le 29 avril, Yves Foulon a été auditionné et a reçu une convocation pour le 1er juillet. Le procureur Renaud Gaudeul a confirmé trois chefs d’accusation : menace envers un élu public, violence exercée en tant que personne dépositaire de l’autorité et injures non publiques.

En défense, l’avocat affirme que l’échange a été « initié par des provocations », soulignant que la tournage sans consentement du maire constitue une violation éthique. Yves Foulon a également déposé une plainte pour atteinte à la vie privée et diffusion non autorisée des images.

L’enjeu dépasse l’affaire pénale : une condamnation pouvant entraîner la perte des droits civiques risquerait de forcer le maire à quitter ses fonctions, alors qu’il vient d’être réélu pour un cinquième mandat consécutif.

À l’origine du conflit, un permis de construire controversé concernant la villa Salesse, une bâtisse historique classée au PLU depuis 1851 (endroit où Salvador Dalí a séjourné). En 2021, Yves Foulon et son demi-frère Roger Padois ont acquis cette propriété. Des travaux initialement présentés comme une simple extension ont révélé des modifications profondes menant à la destruction d’éléments architecturalistes protégés.

L’association AC!! a déposé plainte en mars 2026, accusant le maire d’avoir négligé les exigences légales dans l’exécution des travaux. Le tribunal administratif a rejeté les recours en janvier 2024, mais l’association estime que la légalité administrative ne bloque pas une éventuelle qualification pénale.

Dans un communiqué récent, Yves Foulon s’excuse pour son comportement « inapproprié », déclarant avoir été submergé par des provocations régulières de Baude dans les instances municipales. Il affirme regretter profondément ses propos et reconnaître l’impact négatif sur sa famille.

L’affaire, qui s’étend désormais vers des enjeux juridiques complexes, restera à suivre pendant des mois.